Sommaire du guide
Chapitre 1 · Partie 1 : Comprendre avant de se lancer
Guide de la conciergerie 7 min de lecture
Le métier, le marché et les modèles économiques
Avant de chercher son premier logement, il faut comprendre ce qu’est vraiment le métier : quel est le rôle d’un concierge, et quel est le modèle économique associé. Ce chapitre pose ces bases.
1. Le concierge, chef d’orchestre du logement
Le concierge gère et organise toute la vie autour du logement. Il exerce en réalité trois métiers à la fois :
- les opérations : tournées de ménage, accueil des voyageurs, interventions ;
- le commercial : la relation avec les propriétaires, pour signer des mandats et les convaincre de lui confier leur logement ;
- le revenue management : paramétrage de l’annonce, prix, conditions de réservation, pour faire performer l’annonce et optimiser le rendement.
Il est l’interlocuteur privilégié du propriétaire, mais aussi de tous ceux qui gravitent autour du bien : prestataires, artisans, organismes de classement des meublés, mairie, office de tourisme. Il est au centre de toute la gestion du logement.
Cette position centrale en fait souvent un vrai tiers de confiance pour le propriétaire. De fil en aiguille, celui-ci peut lui confier des missions qui dépassent la pure conciergerie.
2. Saisonnalité et réglementation définissent votre modèle
Avant de vous lancer, étudiez la saisonnalité et la réglementation de votre secteur. Ce sont elles qui déterminent votre modèle, votre trésorerie et votre prévisionnel de chiffre d’affaires.
Une zone très saisonnière peut tourner deux à trois mois dans l’année, et rester très calme le reste du temps : il faudra gérer la trésorerie en conséquence (chapitre 10). À l’inverse, une conciergerie urbaine tourne toute l’année, avec des revenus plus réguliers. Quant à la réglementation, la location de meublés touristiques est de plus en plus encadrée, et ce cadre dépend de chaque secteur. C’est un élément fondamental, car la réglementation peut à elle seule rendre une zone inexploitable : elle est détaillée aux chapitres 2 et 3.
3. Commission ou forfait : deux façons de gagner sa vie
Le modèle le plus classique est la commission : la conciergerie prélève un pourcentage des revenus locatifs, par exemple 25 % du montant des nuitées. Vous gagnez quand le logement est loué, donc quand le propriétaire gagne : vos intérêts sont alignés.
L’autre modèle est le forfait : la conciergerie facture chaque prestation, check-in, check-out ou ménage, à un prix fixe. Le détail des offres et de la fixation des prix est au chapitre 4.
4. Qui paie quoi, qui facture qui
Les flux d’argent d’une location courte durée se lisent en cascade :
- Le voyageur paie le montant total de la réservation sur la plateforme, taxe de séjour comprise.
- La taxe de séjour est collectée par la plateforme et reversée directement à la commune.
- La plateforme de réservation (OTA) prélève sa commission (Airbnb, Booking.com, etc.).
- Le net est versé au propriétaire. Il comprend deux parts : le loyer, qui correspond aux nuitées, et les frais de ménage.
Payé par le voyageur
1 020 €
- Taxe de séjourCollectée par la plateforme et reversée à la commune
- − 20 €
- Commission de la plateforme (OTA)Environ 18 % de la réservation, soit 15,5 % plus TVA
- − 180 €
- Frais de ménageVersés au propriétaire avec le net
- 80 €
- Loyer (nuitées)Versé au propriétaire
- 740 €
Frais de ménage
Toujours payés par le voyageur, puis facturés au propriétaire par la conciergerie, qui paie ses prestataires, ou facturés directement par le prestataire.
Commission de conciergerie
Un pourcentage d’une base de calcul à choisir : brut, net, loyer seul. Exemple : 20 % × 740 € = 148 €.
Exemple fictif : réservation de 1 000 € dont 80 € de ménage, 20 € de taxe de séjour ajoutés par la plateforme, commission de plateforme d’environ 18 % (15,5 % plus TVA). Sans carte G, le net est versé directement au propriétaire ; la conciergerie lui facture ensuite ses prestations.
La conciergerie facture ensuite sa commission au propriétaire. La base de calcul (c’est-à-dire ce sur quoi s’applique le pourcentage de commission) est libre : montant brut de la réservation, montant net, loyer seul, mais elle doit être fixée clairement dès le départ (chapitre 4).
Pour le ménage, une seule règle : les frais sont toujours ajoutés sur la plateforme, donc toujours payés par le voyageur. Le propriétaire les perçoit avec le net, puis deux organisations sont possibles :
- la conciergerie gère le ménage : elle le facture au propriétaire et règle elle-même ses prestataires ;
- le prestataire de ménage facture directement le propriétaire.
L’essentiel est que chacun sache clairement qui paie quoi.
Attention, la grande majorité des OTA prélèvent aussi leur commission sur les frais de ménage.
Leur commission s’applique au montant total de la réservation, ménage compris. Sur un ménage affiché 80 €, avec une commission de plateforme de 18 %, le propriétaire ne perçoit donc réellement que 65,60 € sur la partie ménage. Si la conciergerie lui refacture le ménage 80 €, l’écart de 14,40 € sort de sa poche à chaque séjour.
Deux façons de l’éviter : afficher sur la plateforme un prix de ménage majoré du taux de commission, ici environ 98 € pour en percevoir 80 €, ou intégrer cet écart dans le calcul de votre propre commission. Dans les deux cas, expliquez-le au propriétaire dès le départ : c’est exactement le genre de détail qui, découvert au premier décompte, abîme la confiance.
5. Trois leviers de rentabilité
La rentabilité d’une conciergerie se joue sur trois leviers : le nombre de logements réellement loués, le prix moyen de la nuitée, et le temps passé sur chaque logement. Un portefeuille de logements bien loués, à bon prix et faciles à gérer vaut mieux qu’un grand portefeuille chronophage (chapitres 5 et 10).
- Le nombre de logements réellement loués : un logement en gestion mais vide ne rapporte rien, alors qu’il vous coûte du temps.
- Le prix moyen de la nuitée : votre commission étant un pourcentage, chaque euro gagné sur la nuitée tombe dans votre poche sans travail supplémentaire.
- Le temps passé par logement : c’est votre vrai coût, et le seul que vous maîtrisez vraiment. Un logement deux fois plus exigeant rapporte deux fois moins de l’heure.
6. Un métier qui demande d’être un peu à l’aise avec la technique
Le concierge travaille avec plusieurs familles d’outils :
- les plateformes de réservation, Airbnb et Booking en tête : le premier outil, indispensable pour mettre vos logements en location courte durée ;
- le channel manager : il connecte les annonces des différentes plateformes entre elles, et permet de gérer depuis une même interface les prix, les messages automatiques et un calendrier synchronisé ;
- le logiciel de gestion : suivi des tâches, planning des ménages, suivi des interventions (parfois inclus dans le channel manager) ;
- la facturation : pour émettre ses factures de façon automatisée ;
- le livret d’accueil numérique : il aide les voyageurs à se projeter dans le logement et répond à leurs questions ;
- la tarification dynamique : les prix évoluent automatiquement pour optimiser le chiffre d’affaires, en fonction de la demande, de la saison, des événements locaux, etc.
Ce qui est utile dès le départ, et ce qui peut attendre un certain nombre de logements en gestion, est détaillé aux chapitres 9 et 10.
Le piège à éviter
Démarrer sans avoir calculé combien de logements il faut pour se rémunérer. Sans ce chiffre, impossible de savoir si le projet est viable, ni combien de temps il faudra pour y arriver.
Pour aller plus loin
- Chapitres 2 et 3 pour la réglementation ; chapitre 4 pour les offres et la base de calcul
- Chapitres 9 et 10 pour le choix des outils
- Sur le blog : les tarifs et modèles de rémunération d’une conciergerie et les frais Airbnb en 2026
- Outil gratuit : calculer une commission de conciergerie sur un relevé Airbnb
Écrit par l’équipe Loftely. Publié le
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